Le blog : Utiliser des cartes mentales pour créer une table des matières

Le blog : Utiliser des cartes mentales pour créer une table des matières

Lorsque j’entame un nouveau projet de rédaction d’un livre technique, à la demande de mon éditeur, je propose toujours une rapide table des matières (TDM). Je précise bien que cette TDM est provisoire et qu’elle sera certainement modifiée au cours de la rédaction. Et c’est toujours le cas. Pour créer et gérer ma TDM, j’utilise une application de carte mentale (nommée aussi carte heuristique ou Mind Mapping en anglais).

L’ossature de la table des matières avec les chapitres

Avant de commencer à rédiger, je crée une première TDM en me basant sur celle donnée à l’éditeur. Avec une application de carte mentale, je saisis le titre de l’ouvrage et les titres des différents chapitres, sans notion de hiérarchie.

Et je regarde.

J’analyse si toutes les thématiques majeures de l’ouvrage sont bien là. Si besoin est, j’en rajoute. Si j’estime qu’un thème n’est pas majeur, mais qu’il pourra être intégré comme titre dans un autre chapitre, je ne le supprime pas, mais je le mets de côté dans ma carte.

Ensuite, je crée ma hiérarchie. Je dispose les titres des chapitres de manière logique, technique et pédagogique. À nouveau, j’analyse cette étape afin d’en apprécier sa cohérence. Je place les titres des chapitres, les uns sous les autres, dans l’ordre voulu. Notez qu’ils sont tous reliés au titre du livre, afin d’avoir une première esquisse de la carte.

Le texte des titres des chapitres

L’étape suivante consiste à analyser la syntaxe. Le titre des chapitres, souvent, ne doit pas dépasser une certaine longueur pour des raisons de mise en page. Usuellement, le titre des chapitres est indiqué dans les en-têtes des pages du livre. D’où l’importance du nombre de caractères. L’éditeur doit vous fournir ces indications.

Ensuite, je me concentre sur les mots des titres. L’idée est que le titre de chaque chapitre doit être suffisamment clair et précis pour que les lecteurs comprennent immédiatement les objectifs des chapitres. Il faut faire la « chasse » aux mots « passe-partout », aux mots vagues et trop généralistes. Les mots doivent être immédiatement compréhensibles et suffisamment techniques.

Mais attention, les mots ne doivent pas être trop techniques. N’utilisez pas de mots ou de termes issus du « jargon » du thème du livre que vous rédigez. Il ne faut pas utiliser des mots techniques dont le sens ne sera compris qu’après la lecture du dit chapitre. Ne perdez pas vos lecteurs à la simple lecture de la TDM.

Une fois le texte de vos chapitres rédigés, ne partez pas du principe qu’ils sont immuables. Au cours de la rédaction, ils pourront bien sûr évoluer. Au fur et à mesure que vous écrivez, les idées initiales pourront être remises en cause. Rien n’est définitif.

La création des titres internes aux chapitres

Une fois l’ossature créée, il est temps maintenant de saisir tous les titres internes de chaque chapitre. La granularité de la TDM commence ici.

À nouveau, pour chaque chapitre, vous devez indiquer tous les titres constitutifs. Les principes évoqués précédemment sont les mêmes : déterminer l’ordre logique, technique et pédagogique. Les titres doivent suivre l’utilisation de l’application, du langage ou de la solution technique que vous évoquez dans votre ouvrage.

Si je prends l’exemple d’un livre sur un CMS, comme WordPress, vous ne commencez pas par le titre sur le paramétrage de WordPress, si vous n’avez pas vu avant l’installation de celui-ci. Pour un livre sur Adobe Photoshop, vous ne rédigez pas le titre sur les changements de taille, avant d’avoir vu ce qu’est la résolution des images. Pour un livre sur un traitement de texte, vous abordez la mise en forme des caractères et des paragraphes, avant l’utilisation des styles.

Lorsque vous avez tous les titres de premier niveau, abordez les titres de second niveau. Vous ajoutez des titres hiérarchiques, vous abordez les notions de détails pour chaque titre de premier niveau. Vous devez créer la hiérarchie des titres de second niveau en les reliant aux titres de premier niveau.

Par exemple, pour un livre sur WordPress, un des premiers chapitres sera consacré à l’installation de WordPress. Nous pourrons avoir trois titres de premier niveau :

  • Installer WordPress sur Windows.
  • Installer WordPress sur macOS.
  • Installer WordPress chez un hébergeur. Pour le titre Installer WordPress sur Windows, nous pourrons avoir comme titres de deuxième niveau :
  • Télécharger le package XAMPP.
  • Installer XAMPP sur votre machine.
  • Créer la base de données pour votre site.
  • etc.

Si vous avez besoin d’une granularité plus importante, avec les mêmes principes, créez des titres de troisième niveau, voire plus, en accord avec votre responsable éditorial de collection.

Comme précédemment, l’ordre des sous-titres pourra évoluer et leur libellé être modifié en cours de rédaction.

Le texte des titres

Une attention toute particulière doit être apportée aux textes et aux mots utilisés dans les titres de tous les niveaux. Comme pour les chapitres, le texte des titres doit immédiatement indiquer ce qui va être abordé, et doit parfaitement être clair et compréhensible.

À nouveau, n’employez pas de termes vagues et passe-partout. Soyez clair. Les termes utilisés dans les titres doivent précis, techniques et incitatifs. Certains éditeurs recommandent l’utilisation de verbe à l’infinitif dans les titres. Cela permet de dynamiser la lecture du titre.

Par exemple, évitez d’avoir comme titre : Réglages des paramètres. C’est très vague. Des réglages pour faire quoi ? Des paramètres de quoi ? Nous pourrions plutôt avoir : Optimiser l’interface d’administration, ou Personnaliser l’interface à vos besoins. Ces titres sont plus clairs, plus précis et dynamisent la lecture. La lecture sait immédiatement ce qui va être abordé dans ce titre.

Certains éditeurs préconisent de ne pas utiliser les articles dans le texte des titres. C’est pour certains une précision inutile, cela permet d’être plus concis et de gagner de la place. Par exemple le titre La personnalisation de l’administration, peut-être remplacée par Personnalisation de l’administration ; Les types de variables, par Types de variables.

L’évolution de la TDM

Je l’ai souvent évoqué précisément, la TDM évolue toujours au cours de la rédaction. Certains sous-titres peuvent s’avérer plus importants et ils doivent remonter d’un niveau hiérarchique, pour devenir des titres de premier niveau. Avec les applications de carte mentale, cela se fait par un simple cliqué-glissé. Parfois, un sous-titre est mal positionné et il doit être déplacé dans un autre titre.

Le texte des chapitres et des titres peut aussi changer en fonction du contenu rédactionnel. Il peut arriver que le texte d’un titre choisi initialement ne soit pas en parfaite adéquation avec le contenu rédigé. Il convient alors de modifier son texte pour être plus précis.

En fin de rédaction, il est très important d’avoir une vision globale de la TDM du livre. La carte mentale permet d’appréhender pleinement la TDM. C’est maintenant qu’il faut vérifier sa cohérence. Est-ce que la TDM reflète bien le déroulé technique et pédagogique du livre ? Est-ce que les textes des titres sont homogènes ? Est-ce que les titres prennent bien en compte les recommandations de mon éditeur (usage des verbes et des articles par exemple) ? Est-ce qu’il n’y a pas de répétition dans le texte de titres proches qui peuvent être ambigus ? Et enfin, un des points les plus importants pour moi : est-ce qu’à la seule lecture de la TDM le lecteur comprend parfaitement tous les points qui vont être vus dans le livre ? Allons-nous donner envie aux personnes qui lisent la TDM, de lire notre livre ?

L’usage des cartes mentales

L’usage d’une application de carte mentale pour créer et gérer les TDM des livres techniques est un vrai plus pour les auteurs. Cela permet de créer, de gérer et de modifier très efficacement les TDM. Les cartes mentales donnent la possibilité, à tout moment, d’avoir une vision globale de l’ouvrage et d’en vérifier sa cohérence et son déroulé technique et pédagogique.

De plus, presque toutes les applications proposent d’ajouter des notes, des remarques, des pictogrammes, des couleurs aux titres. Cela permet de faire vivre la TDM de manière très dynamique pour les auteurs.

Vous l’aurez compris, l’usage des cartes mentales est pour moi un outil réellement indispensable pour la rédaction de mes livres. J’espère vous avoir convaincu de les utiliser pour vos prochains ouvrages.

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